Oui, vous avez des droits, et ils sont solides. Quand votre employeur vous fait travailler moins que ce qui est inscrit dans votre contrat CDI, la loi est claire : il doit vous payer l’intégralité des heures prévues. Nous sommes Pierre et Nico, et nous voyons régulièrement des salariés accepter cette situation sans savoir qu’ils peuvent agir.
Voici ce que vous allez découvrir dans cet article :
- Les bases légales qui protègent votre durée de travail contractuelle
- Vos options face à un employeur qui réduit vos heures sans votre accord
- Les démarches concrètes pour faire valoir vos droits
- Des modèles de lettres prêts à l’emploi
Mon contrat CDI prévoit plus d’heures que ce que je travaille : est-ce légal ?
Non, ce n’est pas légal si cette réduction vient de votre employeur sans votre consentement. La durée du travail constitue un élément essentiel du contrat, au même titre que votre salaire ou vos missions. Un employeur n’a pas le droit de modifier unilatéralement ce volume horaire.
Concrètement, si votre contrat stipule 35 heures hebdomadaires et que vous n’en travaillez que 28 depuis plusieurs semaines, votre employeur vous doit quand même le salaire correspondant aux 35 heures. C’est son obligation de vous fournir du travail, pas la vôtre de le réclamer.
Peut-on m’imposer de rattraper les heures non faites ?
La récupération d’heures n’est autorisée que dans des cas très précis, appelés “heures perdues” :
- Intempéries
- Inventaire annuel
- Panne technique majeure
- Fermeture exceptionnelle
Dans ces situations, la récupération doit respecter des limites strictes : maximum 1 heure par jour ou 8 heures par semaine, dans un délai de 12 mois.
En dehors de ces cas, vous pouvez refuser. Si le manque de travail résulte d’une mauvaise organisation ou d’un ralentissement d’activité, ce n’est absolument pas à vous d’en assumer les conséquences.
Mon employeur me planifie moins d’heures : quels sont mes droits ?
Vous avez le droit d’exiger le maintien de votre rémunération complète. L’employeur a une obligation de fournir du travail correspondant au contrat signé. S’il ne remplit pas cette obligation, il reste redevable du salaire prévu.
Attention à la nuance : modifier l’organisation des horaires (travailler le soir plutôt que le matin) n’est pas une modification du contrat si le volume total reste identique. Mais cela nécessite un délai de prévenance de 3 à 7 jours minimum.
Quelles démarches faire quand on travaille moins que prévu ?
Nous vous recommandons cette progression :
- Dialogue avec l’employeur : demandez une explication écrite et une régularisation
- Mise en demeure : envoyez un courrier recommandé rappelant vos droits
- Inspection du travail : signalez la situation si le dialogue échoue
- Conseil de prud’hommes : en dernier recours, pour obtenir réparation
Gardez systématiquement des preuves : plannings, fiches de paie, échanges par mail ou SMS. Ces éléments seront déterminants en cas de litige.
Dois-je accepter une baisse d’heures sans avenant au contrat ?
Non, jamais. Toute modification de la durée du travail exige un avenant signé par les deux parties. Vous pouvez refuser cette modification sans risquer de sanction, de faute grave ou de licenciement abusif.
Si votre employeur tente d’imposer ce changement, vous disposez de plusieurs leviers : demande de régularisation écrite, saisine de l’inspection du travail, ou recours aux prud’hommes.
Impact sur le salaire, les congés et la retraite : que faut-il savoir ?
| Situation | Salaire | Congés payés | Cotisations retraite |
| Réduction imposée par l’employeur | Maintenu à 100% | Inchangés | Calculées sur le salaire contractuel |
| Absence injustifiée du salarié | Retenue proportionnelle | Potentiellement impactés | Réduites |
| Chômage partiel officiel | 60-70% du brut (compensé par l’État) | Maintenus | Partiellement compensées |
Quand la réduction vient de l’employeur sans accord, vos droits restent intacts : salaire complet, congés payés, primes et ancienneté.
Quels recours en cas de litige avec mon employeur ?
Faites-vous accompagner. Les représentants du personnel, un syndicat ou un avocat spécialisé en droit du travail peuvent vous aider à constituer un dossier solide.
Le Conseil de prud’hommes peut vous accorder :
- Le rappel de salaire sur les heures non travaillées
- Des dommages et intérêts pour préjudice subi
- La résiliation judiciaire du contrat aux torts de l’employeur
Cas spéciaux : annualisation, chômage partiel, contrats flous
L’annualisation du temps de travail permet de lisser les heures sur l’année. Vos semaines peuvent varier entre 25 et 44 heures selon les périodes, mais le total annuel doit correspondre au contrat.
Le chômage partiel (activité partielle) est un dispositif légal où l’État compense une partie du salaire. Votre employeur doit obligatoirement le déclarer officiellement. Si vos heures sont réduites sans cette déclaration, c’est illégal.
Les contrats flous mentionnant “durée variable” ou “selon les besoins” sont souvent contestables devant les tribunaux. La jurisprudence tend à requalifier ces situations en temps plein.
Travailler moins que prévu : quelles conséquences sur le moral et la stabilité ?
Ne sous-estimez pas l’impact psychologique. L’incertitude sur vos horaires génère du stress, complique l’organisation familiale et peut affecter votre motivation. Beaucoup de salariés acceptent ces situations par crainte de perdre leur emploi.
Nous vous encourageons à réagir rapidement. Un temps de travail réduit sans accord formel cache parfois une tentative de vous pousser vers la sortie.
Exemples concrets et lettres types pour faire valoir vos droits
Exemple de courrier de mise en demeure :
“Madame, Monsieur,
Mon contrat de travail en date du [date] prévoit une durée hebdomadaire de [X] heures. Or, depuis [date], je constate que mes plannings ne mentionnent que [Y] heures par semaine, sans qu’aucun avenant n’ait été signé.
Je vous mets en demeure de régulariser cette situation sous 8 jours et de me verser le rappel de salaire correspondant aux heures contractuelles non planifiées.
À défaut, je me réserve le droit de saisir les instances compétentes.
Veuillez agréer…”
Informer vaut mieux que subir. Vous connaissez maintenant vos droits : à vous de les faire respecter.

